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Semarang contre l’intolérance

Par: Yunantyo Adhi Setiawan, Militant du groupe Gusdurian

Version indonésienne ici

À Semarang, les mosquées, les églises, les monastères bouddhistes, les temples hindous, confucéens ou taoïstes ainsi que d’autres lieux de culte coexistent depuis longtemps. Leurs croyants ont vécu pacifiquement pendant des siècles. En 2014, un événement est pourtant venu bouleverser la tolérance qui prévalait lorsqu’une manifestation s’est tenue contre la commémoration de l’Achoura, fête de la communauté chiite de Java Centre tous les 10 e jours du Muharram (calendrier lunaire). Cette action a été estimée porter gravement atteinte à la tolérance religieuse immémoriale de la communauté interconfessionnelle de la ville de Semarang.

La réforme politique indonésienne de 1999, ou « Reformasi »1, a ouvert un espace pour une expression plus libre. L’émergence de nouvelles identités religieuses dans la société a donné naissance à de nouvelles dynamiques mais aussi à de nouveaux conflits. Après la réforme, les conflits religieux se sont intensifiés à Java Centre. Dans certains cas, ils se sont associés à des sentiments anticommunistes. Cet article s’intéresse aux protestations contre la commémoration d’Achoura, exemple de tel conflit.

Les musulmans chiites de Java Centre célèbrent Achoura dans la ville de Semarang depuis plusieurs dizaines d’années. Entre 5 et 6 000 participants y commémorent la mort de l’Imam Husayn ibn Ali, petit-fils du prophète Mahomet, au 7ᵉ siècle, durant la bataille de Kerbala l’opposant à l’armée du Calife Yazid. Les adeptes se remémorent son histoire, son sacrifice et son rôle en tant que leader religieux.

La commémoration de l’Achoura rassemble des adeptes au-delà même de Java Centre. Elle est organisée dans le quartier de la mosquée Nurut Tsaqolain du village de Kuningan, au nord de Semarang. En raison du nombre plus important de participants, à partir de 2000 le comité d’organisation de l’Achoura loua une salle de fête de plus grande capacité.

Malgré une tradition inchangée depuis plusieurs décennies, des groupes extérieurs à Semarang sont venus en 2014 exprimer leur rejet de la commémoration d’Achoura. Cette revendication n’a pas abouti à l’annulation de la commémoration, mais s’est reproduite toutes les années suivantes, à l’exception de l’année 2019.

Achoura au cœur de la pandémie

En pleine crise de la Covid-19, l’édition 2020 d’Achoura n’a pu être suivi sur place que par une trentaine de participants. Elle s’est tenue le 29 août 2020 à la résidence du Sheikh Bagir, chef de la Fondation Nurut Tsaqolain au nord de Semarang et a été diffusée sur la chaîne YouTube de « TV Alhurr » afin que les chiites puissent commémorer l’Achoura chez eux.

Ce jour-là, un groupe s’est présenté en demandant la dispersion de la commémoration d’Achoura. La foule s’est rassemblée devant l’allée menant au domicile de Sheikh Bagir dès 13h30. Dans les images vidéo envoyées à l’auteur par l’organisateur de l’Achoura, des manifestants déploient une banderole, on y crie que les chiites sont les ennemis d’Allah et un orateur proclame que l’Achoura est une célébration illégale. La rue a été bloquée pendant une vingtaine de minutes, le temps de quelques discours avant que la foule ne soit dispersée par la police.

Les jours précédents, des messages adressés au public ont circulé sur les médias sociaux demandant, en substance, l’organisation d’un « rassemblement de vigilance contre l’Achoura chiite » tout en évoquant la décision de MUI 2 East Java et celle de la Cour Suprême en 2012 en déclarant que ces deux dernières étaient des preuves légales du caractère « hérétique » des enseignements de la branche chiite de l’Islam3.

Un appel similaire avait été déjà lancé les années précédentes et a activé la vigilance de la police et de « Persaudaraan Lintas Agama» (« la fraternité entre les croyants») 4. La police s’était donc organisée en amont et pendant la commémoration. Malgré les protestations devant l’allée où se tenait l’événement, la cérémonie à la résidence du Sheikh Bagir est restée solennelle tout du long.

Sayyid Thoha Musawa, dans son tausiyah (sermon), et le président du Forum Kerukunan Umat Beragama (forum pour l’harmonie entre croyants)5 de la province centrale de Java, Kiai Haji Taslim Syahlan, ont déclaré que personne ne devait réprimer les célébrations des autres communautés religieuses et que la commémoration faite par la communauté chiite devait, en tant qu’expression religieuse, être respectée par tous les croyants.

Actions de protestation

D’après des observations effectuées chaque année entre 2014 et 2020, les mouvements de protestation contre l’Achoura à Semarang ont connu leur plus forte augmentation en 2016. Malgré les perturbations et un déplacement forcé, elle a néanmoins pu se tenir cette année.

Des bruits ont d’abord circulé prétendant que la célébration de l’Achoura contenait des blasphèmes envers les compagnons du prophète Mahomet et sa femme, ainsi qu’une séance d’autoflagellation. Ensuite, des groupes ont proclamé l’hérésie du culte chiite et jugé leur présence provocante en rapport aux conflits au sein de la communauté musulmane, ajoutant également que le chiisme était déjà interdit dans d’autres régions, selon eux. À l’approche du jour de célébration, ils ont fait pression sur le gérant de la salle de fête prévue pour l’événement, leur but étant que le comité organisateur soit en difficulté pour trouver une nouvelle salle et que l’activité échoue finalement.

Bien que la police de la ville de Semarang ait offert une médiation, les manifestants ont choisi de porter plainte auprès de la police régionale de Java Centre. Le directeur du renseignement et de la sécurité de la police régionale a souligné que la tenue de la commémoration de l’Achoura était un droit légalement protégé et a proposé à nouveau une médiation. Le groupe de manifestants a déclaré la médiation inutile, tout en continuant de menacer de disperser l’événement.

Le directeur du renseignement et de la sécurité de la police régionale, le commissaire Marjuki, a déclaré que l’annulation du bail empêcherait la tenue d’Achoura en l’absence de nouvel emplacement pouvant accueillir les milliers de participants. Le forum consultatif des dirigeants régionaux⁶ a convenu de ne pas interdire l’Achoura en proposant qu’elle soit, si besoin, maintenue au centre culturel. Si les conditions obligeaient à déplacer le lieu de commémoration, la police s’assurerait que l’Achoura puisse être commémorée confortablement et en toute sécurité.

Le vendredi 7 octobre 2016, le comité de l’Achoura a été reçu au siège de la région Java Centre, par un des conseillers du gouverneur. Après avoir été communiqué avec un adjoint du gouverneur, une réunion de médiation a été proposée dans les locaux gouvernementaux le lendemain. Elle a rassemblé les organisateurs de l’Achoura, ses détracteurs et d’autres parties concernées. Ces derniers ont consisté en le bureau régional du ministère des affaires religieuses, les conseils régionaux de trois organisations musulmanes – NU7, Muhamadiyah8 et MUI9 – ainsi que des militants de « la fraternité »10. Au cours de la réunion, le gouvernement provincial de Java Centre a finalement annulé la réservation de la salle. En opposition à cette décision, la police régionale a fait une déclaration garantissant la sécurité de la commémoration de l’Achoura. Le lieu de l’événement a été déplacé vers la mosquée de la Fondation Nuruts Tsaqolain, Jalan Boom Lama, village de Kuningan, au nord de Semarang.

Le jour de la commémoration, le 11 octobre 2016, réunissait environ 1000 adeptes chiites de tout Java Centre au cœur d’un dispositif policier renforcé. Le même jour, des centaines de personnes ont manifesté devant le bureau du gouverneur et le parlement de Java Centre, exigeant que MUI11 de Java Centre émette une fatwa (avis juridique)12 contre les chiites et demandant au gouverneur de Java Centre d’interdire la commémoration de l’Achoura dans toute la région. Ils ont été auditionnés par le bureau du gouverneur et le parlement régional, ainsi que par le président du MUI13 de Java Centre, le chef de police de Semarang et le bureau régional du ministère des affaires religieuses.

Parmi les manifestants figuraient l’alliance nationale anti-chiite (ANNAS) 14 de Solo, la jeune génération du Forum Ukhuwah Islamiyah15 de Yogyakarta, Mualaf Center Indonesia16, le Front Pembela Islam (Front des Défenseurs de Islam) de Pekalongan, Dewan Da’wah Islamiyah (conseil de la prédication islamique), Dewan Syariah (conseil de la charia)17 de la ville de Surakarta, le Forum Umat Islam (Forum Musulman) de Semarang, Anshorusy Jamaat Sharia18, les dirigeants du Laskar Jihad Jafar Umar Thalib19.

Les audiences ont été tendues. Le gouvernement de Java Centre a refusé la demande de disperser l’Achoura. Le chef régional de MUI, KH Ahmad Darodji, n’était pas disposé à publier une fatwa taxant les chiites d’hérétiques. En matière de sécurité, le gouvernement et le MUI ont affirmé leur confiance dans la police. Déçus, les manifestants ont alors marché vers le lieu de commémoration d’Achoura, menaçant de la disperser.

À leur approche, toutes les rues menant à la mosquée Nurut Saqolain ont été bloquées par des policiers armés, de sorte que les manifestants n’ont pas osé mettre en œuvre leur action. La police contrôlait chaque voiture se présentant, l’obligeant à ouvrir fenêtres et coffre. Sur simple soupçon de menace potentielle, Elle leur était ordonné de faire demi-tour. Sur le lieu de la commémoration, le commissaire Abiyoso Seno Aji, chef de la police de Semarang, a déclaré à la presse que la commémoration d’Achoura étaient un droit protégé par la loi, il était donc le devoir de la police d’en assurer la sécurité. Au total, 750 policiers, partiellement armés, ont veillé à la sécurité de l’événement. Les activités de commémoration de l’Achoura de 2016 se sont finalement déroulées sans encombre.

Accusation de communisme

Le 1er octobre 2017, le même groupe d’opposition à l’Achoura a organisé une manifestation contre la commémoration d’Achoura situé à l’hôtel UTC boulevard Kelud à Semarang. Dans leur discours, les manifestants ont déclaré que le chiisme ne faisait pas partie de l’Islam. Le chef du Laskar Pembela Islam, une milice islamiste, KH Rofii, a accusé la célébration de l’Achoura d’aggraver la scission au sein de l’Islam, opposant sunnites et chiites. Étrangement, les manifestants arboraient des banderoles où était inscrite la phrase : « Rejetons les chiites et le PKI ».

Le PKI dont il est question ici est l’acronyme du parti communiste indonésien, déclaré interdit en Indonésie dès 1966. Il est intéressant de tenter de comprendre pourquoi chiites et PKI se sont ainsi retrouvés logés à la même enseigne et de trouver le lien entre les groupes qui stigmatisent les chiites et ceux qui sont contre les communistes.

En 2017, afin d’anticiper les prochaines commémorations et sur la base des expériences des années précédentes, la police de la ville de Semarang a effectué une consultation concertée du représentant régional de NU et du Muhammadiyah 20, du bureau du secrétariat régional des affaires religieuses de la province de Java Centre et de l’assistant du gouverneur pour l’unité nationale, politique et la cohésion sociale de la province centrale de Java, afin de mener des auditions publiques sur la mise en œuvre de l’Achoura. La réunion a abouti à un certain nombre derecommandations, parmi lesquelles l’obligation de faire figurer des symboles de la République d’Indonésie – drapeaux rouge et blanc, hymne – l’absence de rituel d’auto-flagellation, pas de blasphème envers les compagnons du prophète ou envers sa femme, pendant la célébration. Le comité d’Achoura a accepté et suivi ces recommandations.

À l’approche du jour de la commémoration, le 28 septembre 2017, une trentaine de personnes représentatives d’organisations opposées aux chiites se sont rendues au bureau régional du ministère des affaires religieuses de Java Centre, réclamant l’interdiction de la commémoration. Le chef du bureau régional des affaires religieuses a déclaré ne pas avoir l’autorité pour cela, principalement en raison de l’absence d’interdiction légale des manifestations religieuses. La police était tenue de tenir compte de la lettre de réponse du ministre de la religion concernant la déclaration de l’alliance nationale anti-chiite (ANNAS)21, qui statuait que le chiisme n’était pas une secte hérétique.

La commémoration d’Achoura de 2017 s’est déroulée sous haute sécurité policière. Soutenu par les militants de la communauté interconfessionnelle, l’organisateur d’Achoura a aussi été aidé par des organisations de jeunesse laïque telles que le Patriot Garuda Nusantara et la Garda National Patriot Indonesia22. Environ 4 000 participants ont pu assister à la commémoration.

Maintenir le cap de la tolérance

Dans cette ambiance délétère de menaces, des personnalités interconfessionnelles de Semarang ont décidé d’apporter leur soutien à la commémoration de l’Achoura au moyen d’une déclaration signée par des chefs religieux de diverses religions. La déclaration a ensuite été soumise au chef du quartier général de police du district de Semarang pour anticiper à l’avenir des troubles semblables.

En 2018, certains des groupes opposant à l’Achoura ont perpétré des dégradations à la mosquée Nuruts Tsaqolain, seul lieu de culte chiite de Semarang. Cependant, la commémoration d’Achoura qui a eu lieu à l’hôtel Convention à Semarang le 20 septembre 2018, s’est déroulée sans aucune perturbation, grâce à l’assistance d’organisations de jeunesse, de militants interconfessionnels et de la police. Plus de 4 000 chiites ont assisté à la commémoration d’Achoura cette année-là.

Ces incidents montrent la hausse de l’intolérance religieuse à travers l’émergence depuis quelques années de groupes d’opposition à Semarang. Par conséquent, la coopération entre les communautés religieuses est nécessaire pour développer l’entraide et prévenir les actes d’intolérance. C’est dans cette atmosphère qu’est née « la fraternité »23 initiée par un certain nombre d’éléments de la société. La fraternité cherche à atteindre toutes les communautés religieuses et toutes les croyances. Elle les accompagne pour la résolution de problèmes liés à des nuances de conviction religieuse et confessionnelle, ainsi que pour mener des actions sociales coordonnées. Parfois, la fraternité doit travailler conjointement avec le gouvernement local et la police pour se protéger des menaces d’intolérance.

La tenue de la commémoration de l’Achoura est devenue un symbole pour la fraternité : si la communauté chiite échouait ne serait-ce qu’une seule fois à commémorer son jour saint, cela marquerait alors une victoire insupportable et éclatante des groupes appelant à l’intolérance religieuse. Si la commémoration d’Achoura était annulée, le potentiel d’intolérance religieuse dans la ville de Semarang s’accroîtrait d’autant.

Les auteurs de messages d’intolérances religieuses semblent avoir de bonnes connaissances des procédures démocratiques prévalant en Indonésie et sont assez malins pour exploiter les voies légales et bureaucratiques. L’avenir de la démocratie en Indonésie n’est ainsi pas seulement confronté à la menace du terrorisme mais aussi à l’intolérance et aux comportements discriminatoires. Ces comportements se développent dans certains groupes religieux contre des individus ou contre d’autres groupes en employant toutes les failles juridiques et procédurales que la démocratie pourrait posséder.

 


Références

1. La fin de règne de Soeharto après 32 ans au pouvoir. Le parlement, résultat de la première élection libre en 1999, a produit des lois permettant plus de liberté d’expression (fin du régime de contrôle gouvernemental dans domaine de la presse et création des organisations et parti politique)

2. MUI (Majelis Ulama Indonesia = Conseil des Oulémas), Ouléma=chef religieux. MUI est une organisation créée pendant le règne de Soeharto, équivalent au CFCM en France; L’interlocuteur de la communauté musulmane face au gouvernement. Il a une structure miroitée à la structure de l’administration d’État. Pendant le règne de Soeharto il fonctionnait comme un soutient du régime ; après la réforme politique de 1999, il est devenu une organisation indépendante. Le comportement de MUI est divers dans chaque région selon la vision du leader local. Cela explique, en partie, les positions différentes des MUI de Java Est et Java Centre envers le chiisme.

3. La décision de MUI East Java no. Kep-01 / SKF-MUI / JTM / I / 2012 et le décret de la Cour suprême no. 1787 K / Pid / 2012 qu’ils ont cité, sont en réalité liées à des affaires spécifiques, i.e l’affaire Tajul Muluk à Sampang qui a été reconnu coupable de « commettre un acte considéré blasphématoire contre l’islam ». Une affaire plus complexe que la question de l’existence de la communauté chiite.

4. Persaudaraan Antar Umat Beragama (Fraternité entre croyants) est une initiative de la société civile pour garder la bonne entente entre diverses religions et croyants. Dans ce texte on va appeler « la fraternité », initié par les militants de groupe GUSDURIAN, auquel l’écrivant fait partie.

5.FKUB (Forum Kerukunan Umat Beragama/forum pour l’harmonie entre croyants) forum de communication entre chefs des diverses religions reconnu par l’État.

6. Forum de dialogue entre le Gouverneur, le chef de la Police Régionale, le chef du commandement militaire régional.

7.NU (Nahdlatul Ulama) organisation musulmane la plus grande en Indonésie.

8. Muhammadiyah, la deuxième plus grande organisation musulmane en Indonésie. Ces deux organisations (NU et Muhammadiyah) ont une structure dans chaque région et ville, très active dans domaine social, notamment en éducation.

9. MUI, ibid no.2

10. « Persaudaraan »/« Fraternité »ibid no.4

11. MUI, ibid no.2

12. Fatwa ou avis juridique dans la loi islamique https://en.wikipedia.org/wiki/Fatwa

13. MUI, ibid no.2

14. ANNAS est une organisation dirigée par des prédicateurs controversés et très médiatisé en Indonésie, i.e. Athian Ali, Haikal Hasan, Felix Siauw et Yan Yan Sunarya, Ustad Abdul Somad.

15. Forum Ukhuwah Islamiyah, (ukhuwah=fraternité), c’est une organisation qui porte la mission d’unifier les musulmans, plus au moins inspirée par les Frères Musulmans en Égypte.

16. Mualaf Center Indonesia, Mualaf (converti), est une organisation créé par Felix Siauw un musulman converti d’origine chinoise.

17. Dewan Syariah ou Conseil charia, (charia/syariah=la loi islamique), Dewan Syariah est uneorganisation qui a pour but d’appliquer la loi islamique dans le pays.

18. Anshorusy Jamaat Sharia, organisation fondée par ancien membre de JAT (Jamaat Anshoru Tauhid, fondé par Abubakar Baashir, qui se déclare affilié à Daech).

19. Concernant Laskar Jihad: https://www.globalsecurity.org/military/world/para/laskar-jihad.htm

20. NU, ibid no.7. Muhammadiyah, ibid no.8

21. ANNAS, ibid no.14

22. Patriot Garuda Nusantara (Patriote Aigle de l’archipel) et la Garda National Patriot Indonesia (Garde Nationale Patriote indonésienne), des organisations de la jeunesse laïque pour la diversité culturelle en Indonésie.

23. La Fraternité, ibid no.4

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